J'ai des lieux immaginaires plein la tête.

Un trottoir dans une petite rue bercée dans l’obscurité. Des points lumineux qui flottent dans l’air et qui suivent mon chemin de façon hésitante… La lumière jaune qui s’en dégage tremble et semble faire vibrer le sol sur lequel se dépose de façon prudente mes pas.  J’ai cette impression qu’à tout moment je peux tomber dans un puit noir duquel je ne pourrai jamais sortir. Pourtant je ne cesse d’avancer. Même si la peur me prend au ventre, que mes yeux examinent les moindres recoins de cette rue je suis attiré par ce point devant moi qui fuit, cette rue qui semble ne jamais se terminer. Là, parfois, au travers des fenêtres des appartements, une lumière s’allume et semble me dire que je fais trop de bruit. Alors je ralentis la cadence, calme mon envie d’avancer. Et les voitures défilent les unes derrières les autres. Une sirène qui retentit de temps en temps,un écho qui fait vibrer les murs, le sol, mon corps, un camion de pompier dont la lumière bleue du gyrophare crée une ambiance en se reflétant sur les vitres des appartements. Il y a des cartons sur le bords du trottoir, des cartons peut être vide. Peut être pleins. Alors je m’imagine des choses en sortir; des énormes cubes noirs qui rebondissent sur les façades, comme des ombres qui s’envolent, suivis de bulles très lumineuse ainsi que des sons parfois sourds parfois très lourds comme la pénombre. Les gens qui se réveillent, les fenêtres s’ouvrent, une cacophonie ambiante s’élève entre les murs. Mais je reste là à observer toutes ces choses qui s’échappent… Peut être suis-je en train de rêver mais j’ai le sourire aux lèvres.  Alors je reste là encore un instant et me laisse bercer par cette musicalité si spéciale qui se trouve absorbée par mon corps. Je me sens rassuré, confiant. Et ce point lointain qui semblait me fuir apparaît un peu plus devant moi comme le jour qui se lève. Et moi, je retrouve le chemin de mon appartement, tranquillement, monte les escaliers de mon immeuble, arrive devant ma porte d’entrée, glisse la clef dans la serrure… Et me voilà replongé dans l’obscurité…

Je sors de mon rêve, je sors de cette rue…

Et la lumière s’allume.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus